Contenu
La pêche dans le Léman en 2009 : un très bon cru pour la perche et la féra !
La Commission consultative internationale pour la pêche dans le Léman s’est réunie à Thonon-les-Bains, le 7 octobre 2010, sous la présidence de la France.
Elle s’est penchée sur les résultats de la pêche en 2009, qui s’avèrent globalement très bons, mais avec des nuances selon les espèces. 146 pêcheurs professionnels (effectif en légère hausse : + 10 %) et 7 882 pêcheurs amateurs (+ 12 %) ont pratiqué leur activité en 2009. Le tonnage total de captures toutes espèces confondues s’élève à plus de 1 014 tonnes, soit 236 tonnes de plus qu’en 2008, faisant de cette année 2009 la 2ème meilleure année depuis 24 ans (après 1991, avec 1 037 tonnes).
Corégones et perches : toujours les piliers de la pêche lémanique
Avec près de 770 tonnes, la pêche professionnelle assure l’essentiel des captures.
La perche devient le poisson le plus pêché dans le lac avec 485 tonnes, dont 366 par les professionnels. Le corégone n’est pas loin avec 411 tonnes dont 403 par les professionnels. Ces deux espèces, déjà à haut niveau en 2008 progressent encore : + 56 tonnes pour le corégone et surtout + 180 tonnes pour la perche.
L’omble chevalier et la truite : toujours au creux de la vague malgré un léger mieux ; des études sont en cours...
Sans atteindre les niveaux des années 90, la pêche de l’omble a connu un regain sensible, avec 24 tonnes (13 tonnes en 2008). De même, les captures de truites dépassent les 13 tonnes (moins de 9 tonnes en 2008), mais restent à un niveau nettement inférieur à celui des années 80 et début 90.
Les deux États ont lancé et financent une étude à finalité opérationnelle visant à évaluer la gestion des populations de ces deux espèces. Les premiers résultats montrent que les ombles issus du repeuplement représentent une part très importante des captures, mais avec un rendement en baisse.
Il convient donc de jouer sur les facteurs limitants, à la fois sur le repeuplement et sur la reproduction naturelle, par exemple par une amélioration des apports en substrat de fraie (galets).
Par contre, pour la truite, le suivi indique que les captures proviennent majoritairement du recrutement naturel ; le maintien et l’amélioration de la fonctionnalité des affluents-frayères s’avèrent essentiels.
...et un appel à pêcheurs volontaires
Les scientifiques font appel à d’éventuels pêcheurs volontaires qui accepteraient en 2011 de suivre plus précisément les caractéristiques de leurs captures d’omble et de truite ainsi que pour faire des prélèvements pour déterminer leur âge et savoir s’ils sont marqués.
Le brochet
Avec 38 tonnes, le brochet régresse (- 11 tonnes ) tout en restant à un niveau élevé pour cette espèce, dont l’expansion doit être contrôlée pour limiter l’impact de sa prédation sur les autres espèces.
La pêche de loisir
Totalisant plus de 155 tonnes de poissons, la pêche amateur a fait une progression spectaculaire et représente un peu plus de 15 % du tonnage pêché au lac. Cette proportion est en hausse, et est due essentiellement aux bons résultats sur l’omble (+ 7,5 tonnes) et surtout la perche (+ 76 tonnes).
Le nouveau règlement d’application entrera en vigueur au 1er janvier 2011.
La commission consultative a validé le projet de nouveau règlement d’application de l’accord franco-suisse, qui fixe les règles de la pêche pour les 5 ans à venir. Par rapport au précédent règlement, outre un « toilettage » du texte et des mises à jour, les principales modifications portent sur la pêche du brochet et les objectifs de repeuplement.
Deux points concernent le brochet : une réduction de la durée de sa période de protection, et la pérennisation par leur intégration au réglement des dispositions expérimentales des années précédentes sur la suppression de l’interdiction de pêche du brochet en période de protection des salmonidés.
Les objectifs de repeuplement ont été maintenus pour la truite, les études en cours ne permettant pas encore une éventuelle révision. Par contre, les objectifs ont été revus à la baisse pour le corégone et pour l’omble.
- Pour le corégone, il s’avère que la reproduction naturelle est largement suffisante, et que l’alevinage est devenu sans effet notable sur les effectifs et sur la pêche. Un objectif réduit de moitié (10 millions d’alevins) est maintenu à titre conservatoire.
- Pour l’omble chevalier, à l’inverse, il semble que la reproduction naturelle s’effondre, sans que l’alevinage ne permette d’enrayer la baisse des effectifs, baisse dont les causes sont sans doute multiples. Devant cette relative inefficacité, et pour ne pas sacrifier davantage de géniteurs, il a été décidé de ramener l’objectif à 800 000 estivaux (1,2 million auparavant).
L’ouverture de la pêche des salmonidés est fixée au 16 janvier 2011.

